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Publié par G2S

Les 24-25-26 juin dernier un groupe de Graines présentait dans un petit espace à Saintes la pièce de Václav Havel : Audience. Retour sur cette proposition originale avec quelques images.

Un bureau, une armoire et deux hommes...

Un bureau, une armoire et deux hommes...

La salle Chavagnes jouxtant l'église St Eutrope de Saintes est vraiment exigüe : on y a installé une scène d'environ 20 m², placé devant une trentaine de chaises. C'est du théâtre de poche.

Ainsi en a voulu Michel Such, le metteur en scène d'Audience pièce du tchèque Václav Havel, préférant jouer 3 fois pour un public de 30 personnes que dans une grande salle.

L'ambiance est donc intime, une chapelle, avec la chaleur de la pierre taillée, un décor minimal : un coin bureau à jardin avec une table, une chaise et des bouteilles de bière, un coin "réception" à cour avec deux chaises solides devant un meuble indéfinissable, armoire chargée d'objet hétéroclites, masquant des toilettes. Dans le fond, une pancarte. Y inscrit : «OU LA BIERE SE BRASSE RIEN DE MAL NE SE PASSE ».

Voilà, le décor est planté. nous sommes dans une brasserie. On apprendra rapidement que la scène se passe en Tchéquoslovaquie dans les années 70.

L'histoire ? deux hommes face à face. L'un est le patron de la brasserie, l'autre ? un intellectuel que le régime socialiste a déclassé et oblige à travailler de ses mains. L'un est alcoolique -il boit bière sur bière et s'absente très régulièrement pour aller au toilettes- l'autre distant et semblant accepter sa condition.

En fait c'est à une sorte de bras de fer que se livrent les deux personnages. Le prolétaire un peu impressionné voudrait que l'intellectuel lui présente une grande actrice de théâtre ; l'autre ne voit aucun intérêt dans le travail qu'on lui fait faire, accepte sa condition, les répétitions incessantes du discours de plus en plus embrouillé du patron de la brasserie, les cajoleries et ne réagit que lorsqu'on lui propose de changer de poste pour un meilleur, à l'abri et plus tranquille.

Peu à peu se dessine la vérité. Le brasseur subit des pressions en vue de dénonciations...

La courte pièce, remarquable, de Václav Havel est bien interprêtée par les deux acteurs aux rôles antagonistes et profite de l'espace resserré ici proposé.

On ne peut que penser qu'elle s'appuie sur du vécu peut-être pas personnellement par l'auteur. Rappelons seulement qu'avant de devenir président de la Tchéquoslovaquie, Havel a connu l'emprisonnement, prix de sa liberté de penser.

Le parcours qu'il décrit ici est classique dans les pays totalitaires : chasse aux intellectuels, aux opposants, espionnage et délation généralisés -ici accentués par le fait qu'une caméra filme tout ce qui se passe sur scène, projeté dans un coin du décor - peut-être pas visible par tous vu la configuration de la salle.

Plus le spectacle avance plus le brasseur est ivre. Seul l'intellectuel reste identique, quoique...

Bref une pièce qui fait réfléchir sur la chance que l'on a de vivre dans une réelle démocratie... Un beau texte bien mis en scène et interprêté.

Souhaitons qu'elle trouve d'autres lieux où être jouée. Si oui, ne manquez pas d'aller la voir.

 

B.L.

 

Quelques images du spectacle
Quelques images du spectacle
Quelques images du spectacle
Quelques images du spectacle
Quelques images du spectacle
Quelques images du spectacle
Quelques images du spectacle

Quelques images du spectacle

L'équipe de G2S : Jacqueline Mohler (assistante à la mise en scène), devant elle Michel Such (metteur en scène), à droite les deux acteurs :  Guillaume Perronneau et Bernard  Dutilloy

L'équipe de G2S : Jacqueline Mohler (assistante à la mise en scène), devant elle Michel Such (metteur en scène), à droite les deux acteurs : Guillaume Perronneau et Bernard Dutilloy

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